LA GARDE-ADHEMAR : LA SEIGNEURIE

1. Les ADHEMAR XIe-XVIe siècles

L’occupation médiévale du bourg actuel

Ce n’est sans doute qu’au XIe siècle que fut implanté sur l’éperon rocheux le castrum de « La Garde » dont le nom, attesté en 1119, souligne la fonction défensive sur un site propice à la surveillance de la vallée du Rhône et du vallon du Rieu. Une première enceinte (fin XIe-XIIe siècles ?) enserra les édifices vitaux – l’ensemble castral et l’église Saint-Michel – et quelques habitations. Aucun vestige n’a attesté d’une occupation antérieure.

Aux XIIe – XIIIe siècles, les populations du Val des Nymphes attirées par le renforcement du pouvoir seigneurial de la famille des Adhémar, s’installèrent à l’intérieur du castrum de La Garde ce qui nécessita son extension et la construction d’une seconde enceinte. Au Val des Nymphes, l’important habitat du haut Moyen Age qui avait succédé à un habitat gallo-romain, a disparu progressivement à partir du XIIe siècle.

Près de l’église Saint-Michel du castrum, on trouve dans des bâtiments communaux ou privés, les vestiges de demeures seigneuriales successives : tour, aulae (grandes salles), logis, cellier.

Les Adhémar

            L’histoire de la seigneurie de La Garde, mal connue, est étroitement liée à la famille des Adhémar de Grignan et de Montélimar.  Les Adhémar dès le XIe siècle deviennent progressivement maîtres d’une grande partie de la région de Montélimar et du Tricastin (citons Clansayes, Valaurie, Chamaret, Roussas, Châteauneuf-du-Rhône, Taulignan, etc.) et vraisemblablement à La Garde. Mais le premier document conservé ne mentionne la présence des Adhémar qu’en 1156. Trois branches s’identifièrent au XIIIe siècle : la branche de Rochemaure et la branche de La Garde sont co-seigneurs de Montélimar, la troisième branche est celle des Adhémar de Grignan. Ces trois branches sont souvent rivales et ont des alliances féodales complexes avec trois rivaux, les comtes du Valentinois, la papauté d’Avignon et les rois capétiens récupèrent des possessions (transport du Dauphiné à la France en 1349).

            Le dernier descendant en ligne directe de la famille des Adhémar de la baronnie de la Garde depuis Lambert à la fin du XIe siècle est Antoine qui, en 1527, teste en faveur de Louis Adhémar de Grignan.

2. Les ESCALIN DES AIMARS XVIe-XVIIe siècles

            Louis Adhémar de Grignan transmet cette seigneurie de La Garde à Antoine Escalin en 1543. Né vers 1500 et mort en 1578, celui-ci eut une longue carrière au service de cinq rois de France : capitaine, ambassadeur, général des galères royales. Il fit construire à La Garde-Adhémar un nouveau château de style Renaissance.

            Louis-Escalin Adhémar de La Garde, petit-fils d’Antoine Escalin, épouse Jeanne Adhémar de Monteil de la famille de Grignan, en 1614. De cette union naquirent plusieurs fils dont trois furent barons de La Garde et n’eurent pas de postérité. A la mort du dernier d’entre eux en 1713 et en raison des liens familiaux entre La Garde et Grignan, la seigneurie de La Garde revient à Pauline de Simiane, fille du comte de Grignan et petite-fille de Mme de Sévigné.

3. LA SEIGNEURIE AU XVIIIe siècle

            La seigneurie de La Garde resta jusqu’en 1770 aux mains des descendants de Pauline de Simiane par les femmes. Entre 1771 et 1785, elle passe aux Villeneuve de Vence, puis est achetée en 1785 par les Hugues, riches marchands marseillais.

                                                                       Bernard et Françoise Hernandez

Club UNESCO de La Garde-Adhémar

                                                                                                          Mai 2021